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  • LE SABLE: ENQUETE SUR UNE DISPARITION

    Maroc
     Ici au Maroc, on voit le pillage organisé du sable littoral avec le chargement des camions-bennes par les hommes à la pelle.

     

    Le contexte:

     A l’image de ce qu’on a pu ressentir localement sur la tentative de la CCI de Bayonne, gestionnaire du port de Bayonne pour le compte de la Région d’Aquitaine, d'exploiter à des fins non littoral (voire de commercialiser) le sable issu du dragage de l’entrée de l’Adour et provenant des plages d’Anglet, un film « évènement » dans ce domaine va passer sur Arte le mardi 28 Mai 2013 à 20h50 et qui traduit ce phénomène mondial. Ce documentaire, réalisé par Denis Delestrac et produit par Guillaume Rappeneau, traite de cette pression financière qui monte tous les jours un peu plus sur la valeur du sable. Pour nous les amoureux et défenseurs du littoral, il doit nous interpeller et nous préparer à lutter contre ces lobbys qui tentent de faire main basse sur cet héritage naturel qui donne aux plages d’Anglet une identité et en font un lieu unique.

     

    Le Résumé du film:

     «On le trouve dans le béton, qui alimente, au rythme de deux tonnes par an et par être humain, un boom immobilier ininterrompu. Mais aussi dans les puces électroniques, le papier, le plastique, les peintures, les détergents, les cosmétiques… Ce sable que nous aimons fouler du pied ou laisser filer entre nos doigts s’est glissé à notre insu dans tous les interstices de notre quotidien. L’industrie le consomme en quantités croissantes, plus encore que le pétrole. Peut-être parce que, contrairement à l’or noir, cette matière première perçue comme inépuisable est restée à ce jour pratiquement gratuite. Alors que le sable des déserts est impropre à la construction, les groupes du bâtiment ont longtemps exploité les rivières et les carrières. Puis ils se sont tournés vers la mer, provoquant ce qui est en train de devenir une véritable bombe écologique. Car le sable joue un rôle essentiel dans la protection des côtes et l’équilibre des écosystèmes marins. Les conséquences de cette surexploitation apparaissent peu à peu au grand jour. Petit à petit, les appétits économiques ont grignoté au moins 75 % des plages du monde, et englouti des îles entières, en Indonésie et aux Maldives, tandis que Singapour ou Dubaï ne cessaient d’étendre leur territoire en important, parfois frauduleusement, du sable. Disparition des poissons, impact aggravé de l’érosion et des tempêtes, bords de mer devenus lunaires … face aux timides régulations adoptées pour tenter de limiter le pillage, la "ruée vers le sable" s’est en réalité accélérée, sous l’égide de grandes entreprises multinationales et de mafias locales. »

      Voir la bande-annonce du film ici:
    La sable, enquête sur une disparition 1

    A savoir:

    Ce film a déjà été sélectionné au GREEN FILM FESTIVAL à Buenos Aires en Argentine et à l'ECO FILM FESTIVAL à Kuala Lumpur en Malaisie.
    Le producteur est invité à projeter ce reportage devant la Commission Littorale de l'Assemblée Nationale et le Sénat les jours qui suivent sa sortie sur Arte !
    Il passera aussi au Surfilmfestibal de San Sébastien aux Journées Clean Water le 5 Juin 2013 à 20h30 ou nous exposerons la problématique angloye.

    Rediffusions: Samedi 01.06 à 10h55 et sur Arte +7 !

    utilisation du sable dans le batiment

    La pétition:

     Enfin, suite à cette diffusion, nous espérerons que tous ceux qui ne l'ont pas encore fait signeront sans plus tarder la pétition:

    "Empêchons la vente du sable des plages publiques d'Anglet"

    L'équipe SoSla

  • Communiqué de presse de la CCI de Bayonne sur le protocole de dragage dans l'estuaire de l'Adour.

    Voici le communiqué de presse de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Bayonne Pays Basque (CCI BPB):

    CCI communiqué de presseCCI communiqué de presse 001CCI communiqué de presse 002
    CCI communiqué de presse 003CCI communiqué de presse 004CCI communiqué de presse 005
    ou dragage CCI

     

    L'équipe SOSLA rebondit pour donner son point de vue sur les parties qu'elle a souligné en jaune:

    Le dragage n'est pas un moyen de lutte contre l'érosion du littoral. Il est un outil qui sert les activités portuaires et qui, mal utilisé, déstabilise l'équilibre des plages à proximité et crée par la même occasion l'érosion de la côte. Pour le port de Bayonne, la solution de "bon sens" est de se doter d'une drague à demeure afin d'avoir une gestion plus durable de ses opérations.
    Ce communiqué, qui est logiquement là pour apporter de la transparence, soulève de nombreuses interrogations qui, dans leurs finalités, reviennent à 2 questions liées: Qu'est ce qui retient aujourd'hui la CCI de Bayonne de faire cet achat ? Le Conseil Régional a-t-il la volonté d'investir dans une drague à demeure? Pourtant l’intérêt financier de cet achat n'est plus à démontrer. Il permettrait aussi d'entretenir régulièrement le chenal de navigation de l'estuaire de l'Adour, de défendre la côte angloye victime de ce dragage avec des clapages côtiers* de qualité, de servir à d'autres communes du littoral aquitain qui en ont fortement besoin, le tout en créant des emplois....

     

    Analyse détaillée du communiqué de presse:

    "Le 27/03/2013"
    Ce communiqué est sorti deux jours après notre réunion d'échange avec les élus de la mairie d'Anglet et le représentant du Conseil Régional délégué au port de Bayonne et à la pêche.

    -"LE DRAGAGE, UN MOYEN DE LUTTE CONTRE L’EROSION DU LITTTORAL":
    Nous nous permettons de rappeler ici que l'érosion de la côte d'Angloy est liée à un phénomène artificiel qui a débuté avec les activités de dragage en 1896, date à laquelle ces plages ont commencé à reculer. Nous trouvons donc ce titre trompeur puisqu’il fait croire à l'opinion publique que le dragage est un moyen de lutte contre le recul du trait de côte. C'est faux, le sable dragué à l'entrée de l'Adour provient directement des plages d'Anglet et crée par cette disparition l'érosion de nos plages. Une bonne gestion durable impliquerait que le sable soit ramené en totalité sur la côte ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

    Anglet vue des Landes Mars 2013
    Les plages d'Anglet vue depuis les Landes. On voit nettement le phénomène artificiel qui provoque le recul accéléré du littoral angloy depuis 1966 alors que les plages situées entre Ondres et Boucau sont en phase d'engraissement depuis la construction de la grande digue...

    Anglet Mars 2013
    Ici, on note l'accumulation du sable dérivant au nord de l'embouchure de l'Adour depuis la plage du Métro de Tarnos jusqu'à la grande digue. Au sud de l'embouchure le recul de la plage flagrant caractérise le phénomène artificiel angloy....

     

    "-Service public que lui a confié la Région Aquitaine":
    Le Conseil Régional d'Aquitaine(CRA) a récupéré fin 2006 la mission du dragage du port de Bayonne. Il l'a confié à son tour à la CCI BPB en 2009 dans le cadre de la concession du port.

    -"Les travaux de dragage ...s’effectuent dans un cadre réglementaire défini par l’Arrêté Inter préfectoral modificatif du 21 juin 2012 de l'Arrêté Inter préfectoral N°04/EAU/24":
    Les campagnes de maintien des profondeurs s'effectuent bien dans le cadre réglementaire de l'arrêté inter-préfectoral modificatif du 21 juin 2012 N°04/EAU/24 autorisant notamment la mise à terre de 80 000 m3 de sable à terre par an soit l'équivalent de 6 700 camions-benne.

    "-L’entretien du chenal d’accès au fleuve dont les fonds doivent être maintenus entre -11 et -12 m Côte Marine."
    Ceci sous entend que techniquement il serait possible de draguer plus profondément si c'était nécessaire. (voir plus loin)

    "-La zone d’immersion côtière : C’est la destination du sable dès que les conditions météorologiques le permettent":
    Effectivement, tant que la CCI BPB commanditera une prestation de dragage avec la Société de Dragage Internationale (SDI)sur une période très courte, le pourcentage de sable clapé sur la côte sera toujours dépendant des conditions météorologiques de navigation.

    -La zone de dépôt à terre: Cet espace n’est actuellement pas encore aménagé, mais il pourrait accueillir jusqu’à 80 000 m3 de sable dragué à l’embouchure, dans le seul cas où les conditions météorologiques ne permettraient pas de le claper sur les plages d’Anglet:
    Depuis que le port de Bayonne travaille avec la SDI, toutes les campagnes de dragage ont un volume de sable rejeté au large supérieur à 80 000 m3 de sable par an. Le cahier des charges, inadapté au clapage côtier, donne toutes les chances au navire de rejeter le sable au large et laisse entrevoir l'option de récupération du sable à terre.
    Suite à l'article Sud Ouest du 03/04/13, il semblerait que ce projet soit officiellement abandonné par suite de pressions politiques et citoyennes.

    "-A ce jour, suite à une procédure d’appel d’offre public, c’est la Société de Dragage International (SDI) qui est en charge de la prestation de dragage à l’embouchure.
    A chaque campagne, la CCI Bayonne Pays Basque passe une commande de travaux qui précise les volumes et les objectifs auprès de son prestataire SDI. Celui-ci répond à cette commande en mobilisant, dans le délai convenu, son moyen de dragage (c'est-à-dire le navire de son choix)."
    L'appel d'offre entendait que la SDI serait en charge du dragage jusqu'à fin 2013. Et après, que va- t-il être décidé? La réponse très attendue devrait intervenir dans l'été....

    -Il appartient au capitaine du navire d'apprécier si les conditions météorologiques permettent d'approcher en toute sécurité de la plage: avec un navire de +/-90m de long et +/- 6.50m de tirant d'eau en charge, il est nécessaire que la houle devant la plage soit inférieure à 1.5m.
    En effet, la drague envoyée par la SDI n'est pas définie à l'avance par un cahier des charges favorisant le clapage côtier* au plus près de la côte. De ce fait, le capitaine et son navire changent quasiment à chaque campagne: voici les navires intervenus en moins de 3 ans: Vlaanderen XX, MAriéké, Mélina, Elbe... Aussi, comment le capitaine peut-il faire des clapages côtiers de qualité quand celui ci ne connait pas la zone?
    De plus, le tirant d'eau du navire, intimement lié à la qualité du clapage côtier, ne sera jamais optimisé pour cette opération: 6.5m de tirant d'eau en moyenne pour les dragues de la SDI contre 4.4m de tirant d'eau pour la dernière drague à demeure "La Sangsue".
    Les marnages (différence entre la hauteur d'eau à marée haute et celle de la marée basse d'avant ou d'après) vont sur notre côte jusqu'à 3,5m lors des grands coefficients de marée. Aussi, la drague devrait elle travailler entre la mi marée à la marée haute pour être au plus près de la côte afin d'optimiser cette opération. Mais actuellement, les dragues de passage pressées par le temps, viennent claper autant à marée haute qu'à marée basse. Bilan: 2m de plus de tirant d'eau pour les dragues de la SDI + 3m de marnage sur la moitié des clapages = 5m de profondeur perdus pour optimiser l'opération: c'est énorme !

    la sangsueDrague la Sangsue 1971
    La drague La Sangsue, cédée à la France au titre des dommages de la guerre 1914-1918, appartiendra aux Ponts et Chaussés de Bayonne de 1963 à 1990. Son tirant d'eau de 4.40m en charge amenait une efficacité supérieure de 30% pour le clapage côtier par rapport aux dragues de la SDI .

     

    -Jusqu'en Juin 2012, si les conditions météorologiques ne permettaient pas d'approcher le navire en toute sécurité devant la plage, le capitaine n'avait d'autre solution que de claper les sables dragués dans la zone d'immersion du large. Or il faut savoir que ce sable clapé au large est alors définitivement "perdu" dans le sens ou les courants ne le ramènent jamais devant la plage.
    Le sable "perdu" au large se présente à partir de -12m de profondeur. C'est d'ailleurs la limite que s'est fixée la CCI BPB pour entretenir le chenal de navigation (voir plus haut). Aussi, n'importe quelle drague est capable d'aller chercher le sable dans ces profondeurs. Par exemple, la drague qui entretient une partie du fleuve Saint Laurent au Canada est capable d'aller chercher les sédiments jusqu'à -70m. Il est évident que ce sable n'est pas perdu et nous trouvons cette conclusion très étonnante !
    Ce stock de sable repose actuellement dans son milieu naturel et reste en attente pour servir aux prochaines générations. N'est ce pas là une approche plus durable que celle qui est proposée par la modification de l'arrêté?

    -Fort de ce constat, la CCI BPB a souhaité étudier une solution alternative afin de mettre du sable à terre dans la limite de 80 000 m3 par an.
    La solution alternative portée par la CCI de Bayonne n'a aucun effet durable sur l'environnement côtier de la commune d'Anglet à laquelle ce sable appartient. En revanche, proposer une alternative de ré-engraissement des plages qui passe par la terre serait une belle initiative! Le grenelle de la mer (Groupe N° 11 du Grenelle de l’Environnement, page 7 paragraphe 4) spécifie que les sables dragués peuvent être réutilisés à terre soit comme des matériaux de construction dans le bâtiment, soit dans le rechargement des plages en matière de lutte contre l’érosion du trait de côte. Pourquoi la CCI BPB a t'elle construit son projet seulement dans l'esprit de la 1ère option sachant que la ville d'Anglet est la première victime de l'impact de ces dragages?

    -Le souhait de la CCI BPB est de proposer ce sable à la collectivité, à prix coûtant. A ce titre, le Centre Européen de Frêt de Mouguerre (émanation de collectivités territoriales intéressées par le trait de côte ??) qui a des besoins en matériaux de remblai, est actuellement intéressé.
    Vendre le sable à prix coûtant est une dévalorisation du sable Angloy et cela reste quand même une opération de vente! Pourquoi ne pas donner au Centre Européen de Frêt les vases qui sont draguées à l’intérieur de l'Adour? C'est exactement ce qui avait été réalisé dans les années 1970 afin de combler la zone marécageuse des Pontôts et donner naissance à la zone commerciale dont fait partie BAB2. Ces vases, qui sont draguées, ne pourraient elles pas avoir une valorisation en matériau de remblai, car après tout, c'est de la terre?

    -La préservation de l'environnement est une démarche que nous avons intégrée dans notre fonctionnement depuis de nombreuses années.
    Depuis que la CCI de Bayonne a instauré le dragage en 1896, les plages d'Anglet n'ont jamais cessé de reculer anormalement. Peut-on appeler cela de la préservation de l'environnement? On pourrait vraiment parler de préservation de l'environnement si le sable dragué à l'entrée de l'Adour était ramené systématiquement sur les plages d'Anglet.

    Anglet début 1900
    anglet début 1900

    Anglet début 2012
    anglet mai 2012
    Ces deux images nous montre le profil des plages rongé par 116 ans de dragage. Mais ou est donc passée la plage ??? Au large, avec la volonté de l'homme et la force d'une drague...

     

    -Concernant les dragages, nous travaillons en collaboration étroite avec les institutions locales comme la ville d'Anglet, l’Agglomération Côte Basque Adour et le Conseil Régional d'Aquitaine.
    La ville d'Anglet a fait savoir lors de l'inauguration de l'exposition "Agir contre l'érosion" en Avril 2012 qu'elle était contre ce projet d'utilisation des sables à des fins non littorales . La CCI BPB était présente, elle le fait d'ailleurs savoir un peu plus haut dans le texte:
    "En 2012, la CCI BPB a participé à une exposition et à des conférences organisées par la Ville d’Anglet sur le thème de l’évolution des plages d’Anglet et les dragages."
    Pourtant,le projet a été validé fin Juin 2012 et la ville demande toujours aujourd'hui que cet arrêté soit retiré et milite pour une drague à demeure. Peut-on caractériser ces faits comme une "collaboration étroite"?

     

    Si ce n'est pas encore fait, vous pouvez encore signer la pétition contre l'exploitation des sables à des fins non littorales en cliquant ici !

    Un grand merci à Nautimages pour nous avoir fourni de belles photos aériennes.

    *clapage côtier= largage du sable sur la côte.

     

    L'équipe SOSLA

  • Un vent d'espoir souffle sur les plages angloyes !

    Voici l'article du journal Sud-ouest sorti le 03 Avril 2013 sur la polémique du projet de vente des sables de dragage de l'entrée de l'Adour et provenant du littoral angloy. Vous verrez les élus et les citoyens Angloy unis dans l'idée de trouver une solution plus durable afin de sauvegarder leur littoral. En revanche les représentants de la Région et de la CCI de Bayonne paraissent encore peu convaincus. Nous vous souhaitons bonne lecture:

    "Tout le sable dragué devrait retrouver la mer

    Face à l’opposition de citoyens et de la Ville, CCI et Région abandonnent l’idée d’utiliser du sable angloy à terre même si, regrettent-elles, une partie reste perdue au large

    La dernière campagne de dragage s’est terminée dimanche. 137 000 m3 de sable ont été clapés au large des plages angloyes, contre 31 000 m3 rejetés au large.

    Pas un grain à terre, tout le sable reste en mer ! Les blogueurs de SOS Littoral angloy et la Ville d’Anglet semblent avoir franchi une étape supplémentaire dans leur lutte contre l’érosion des plages. Ces citoyens militants et la municipalité n’avaient pas digéré la modification, en juin dernier, de l’arrêté préfectoral de 2004 qui autorise le dragage de l’estuaire de l’Adour et définit les zones d’immersion des sables pompés. La nouvelle mouture de l’arrêté autorise la mise à terre de 80 000 m3, soit 10 % du volume de sable dragué. Objectif : fournir de la matière aux entreprises locales qui ont de gros besoins en sable, comme le Centre européen de fret, à Mouguerre.

    2 351 signatures

    Bilan de la campagne de dragage
    Dimanche dernier, à 14 heures, la drague «Elbe» a terminé ses travaux de maintien des profondeurs au port de Bayonne. «Concernant les clapages côtiers, la campagne se termine sur un bon résultat dû à cinq jours de bonnes à très bonnes conditions météorologiques la semaine dernière», précise la CCI. Au final, 167 779 m3 de sable ont été dragués à l’embouchure : 30 850 m3 ont été clapés en zone d’immersion du large et 136 929 m3 en zone d’immersion côtière, soit quasiment 82 % du volume dragué. La drague à benne «La Maqueline» devrait arrivée vendredi 5 avril pour effectuer les travaux d’entretien des souilles, essentiellement aux quais Saint-Bernard et Saint-Gobain.

    «Le dragage coûte 2,2 millions d’euros par an. La CCI prône toujours l’achat d’une drague. Si on veut gagner la bataille du report modal, passer de la route à la mer, il faut assurer à l’année une profondeur de 7 mètres pour les porte-containers, explique André Garreta. Une drague coûterait entre 14 et 18 millions d’euros, amortissables sur 30 à 40 ans. Des études techniques et financières devraient aboutir d’ici l’été.»

    «Scandaleux et inadmissible !», se sont insurgés les pères de famille et surfeurs de SOS Littoral angloy via une pétition en ligne (1), qui a recueilli 2 351 signatures depuis le 1er mars. «Ce sable, véritable héritage de notre passé, est un bien public qui appartient à tous. De plus, il est indispensable dans la lutte contre l’érosion et le recul du trait de côte financés par les contribuables de l’agglomération Côte basque Adour (ACBA)», détaillent Aymeric Bayle et Pascal Dunoyer, dans leur texte soumis à approbation citoyenne.

    Du côté de la mairie, c’est la même levée de boucliers. «Les élus angloys sont fermement opposés à toute commercialisation du sable angloy, explique Jean-Pierre Voisin, adjoint au maire en charge de l’urbanisme. À ce jour, il n’y a aucun projet et nous nous opposerions à tout projet qui irait dans ce sens.» Les élus angloys seront «particulièrement vigilants» aux conditions de renouvellement, en mai 2014, de l’arrêté préfectoral qui autorise le dragage.

    «L’absence d’entreprise pour effectuer la mise à terre et surtout une forte opposition politique:les conditions ne sont pas réunies. Nous n’irons pas plus loin», constate Mathieu Bergé, conseiller régional délégué à la pêche.

    Au service de l’intérêt général

    Le président de l’Observatoire de l’estuaire de l’Adour reste toutefois convaincu que 100 % du sable dragué ne peut être clapé au large des plages d’Anglet. «Même avec une drague à demeure toute l’année, une partie du sable est obligatoirement rejetée au large. C’est du sable perdu, quoi qu’il arrive. Il aurait pu être utilisé à terre. D’ailleurs, c’est ce que préconise le Grenelle de l’environnement », précise Mathieu Bergé.

    Même son de cloche du côté de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), gestionnaire du port pour le compte de son propriétaire, la Région Aquitaine. «Soit la mise à terre se fait de concert, soit il n’y a pas de consensus et tout le sable est remis à l’eau. La CCI est un organisme public au service de la collectivité et de l’intérêt général. Ce n’est jamais mis en avant. Certains ont laissé entendre qu’il y aurait une commercialisation du sable en vue de faire des bénéfices», regrette le président de la CCI, André Garreta.

    Extraction minière

    Région et CCI lâchent donc sur la forme, pas sur le fond. De quoi rester vigilant pour SOS Littoral angloy. «On ne peut pas laisser dire que le sable rejeté au large est définitivement perdu. Rien n’indique qu’à l’avenir, il ne peut pas être aspiré pour rengraisser les plages», soulignent ces animateurs. La Ville d’Anglet s’apprête d’ailleurs à demander à l’Observatoire de l’estuaire de l’Adour «une étude technique et financière sur un dragage au large (extraction minière), avec une drague à demeure spécialement équiper pour atteindre les profondeurs et les réserves de sable».

    Activités touristiques menacées par l’érosion et activités portuaires bridées par un trop-plein de sable. «Si tout le monde est d’accord pour augmenter le volume des sables clapés sur les plages, on ne peut pas demander à la CCI de lutter contre le recul du trait de côte», explique Mathieu Bergé. Technologies les plus adéquates, coûts supportables, maître d’ouvrage les plus appropriés… Le sable n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre.

    (1) On peut consulter la pétition sur http://sos-la.blog.fr "

    Benoît MARTIN

    Affaire à suivre donc....

    vue d'ensemble de la zone marécageuse du futur IKEA  Avril 2013
    Ici, une vue d'ensemble sur le terrassement de la zone marécageuse du futur IKEA de Bayonne. (Avril 2013)

    1 zone marécageuse du futur IKEA de Bayonne  Avril 2013
    Les camions bennes amènent de grandes quantités de sable pour isoler les futurs bâtiments du risque d’inondation. Ce sable va être par la suite bitumé.
    Fort heureusement, il ne s'agit pas là du sable de nos plages mais c'est dans cet esprit que la CCI BPB a conduit la modification de l’arrêté inter-préfectoral.C'est exactement pour éviter ce genre d'issue malheureuse à notre sable littoral, si précieux dans la lutte contre l'érosion de la côte, que nous nous battons aujourd'hui.

    déchargement du sable sur la plage avril 2013
    Là, les camions bennes déchargent du sable littoral dans la baie de St Jean de Luz pour ré-engraisser la plage.

    un vrai banc de sable sur la plage de st jean de luz avril 2013
    De nombreux camions bennes sont venus déposer des tas de sables sur la plage. Vu d'un autre angle, le grenelle de la mer (groupe 11) préconise aussi d'utiliser les sables de dragage dans la lutte contre l'érosion marine. Voilà une belle option !

    En attendant la suite de cette actualité, vous pouvez toujours donner votre avis en signant la pétition ici.

  • Dossier de presse de la Mairie d'Anglet et compte rendu de la réunion d'information.

    Suite au succès de la pétition: "Empêchons la vente du sable des plages d'Anglet", la municipalité a souhaité, au travers du dossier de presse "EROSION DU LITTORAL ANGLOY", clarifier officiellement sa position dans la lutte contre le recul du trait de côte et nous rencontrer pour échanger nos expériences et points de vues sur l'engraissement des plages.

    - Le dossier de presse:

    EROSION DU LITTORAL ANGLOYEROSION DU LITTORAL ANGLOY 001EROSION DU LITTORAL ANGLOY 002
    EROSION DU LITTORAL ANGLOY 003EROSION DU LITTORAL ANGLOY 004EROSION DU LITTORAL ANGLOY 005
    EROSION DU LITTORAL ANGLOY 006 Ou télécharger le dossier complet ici: Dossier de Presse _ lutte contre Erosion du littoral

     

    - Le compte rendu de la réunion :

    A travers notre réunion de concertation et d'information avec les élus responsables de la ville d'Anglet et le représentant du Conseil Régional Aquitaine (CRA), nous voyons qu'une stratégie d'avenir est mise en place pour tenter de sauver le littoral.
    L'analyse du programme d'actions de la municipalité, pour une gestion plus durable des plages, est plutôt rassurante. Bien que l'équipe SOSLA a une sensibilité différente sur certains points, nous sommes satisfaits de voir que la ville d'Anglet et le CRA s'entendent officiellement pour jouer la transparence avec le public que nous représentons.
    Il y a une véritable volonté de l'équipe municipale en place de faire évoluer les clapages côtiers* vers 100%, en militant auprès du CRA et de la CCI de Bayonne pour une drague à demeure. Ce projet permettrait également d'aller chercher le sable stocké au large depuis 116 ans. Mais pour cela, il faut attendre les résultats d'analyse, dont une partie a déjà été réalisée courant 2012, sur la qualité des sables déposés au large, sur la faisabilité des opérations financières et techniques, dont nous ne doutons pas, et sur l'obtention des autorisations juridiques auprès du ministère de l'industrie (permis minier) où la CCI BPB saura se distinguer. Nous restons persuadés que la solution d'avenir est au large puisque nous savons officiellement qu'il existe des milliards de m3 de sable qui dorment dans les fonds. Nous allons veiller au bon suivi des résultats et nous espérons que les élus passeront vite à l'action car il y a urgence.

    Concernant la modification de l’arrêté inter-préfectoral n° 04/EAU/24 du 24 mai 2004 autorisant la vente des sables issus du dragage de l'entrée de l'Adour et provenant des plages d'Anglet à des fins non littorales, le représentant du CRA en charge du dossier a signalé que le projet était suspendu pour des raisons technico-financières et a affirmé sa volonté d'utiliser ces sables dans le seul but de lutter contre l'érosion littorale. Faisons le voeu que ces mots ne soient pas vains et se traduisent en actions concrètes.
    Nous serons satisfaits de cette position officielle quand les préfectures des Landes et des Pyrénées Atlantiques auront définitivement retiré cette modification d'arrêté lors de son renouvellement en Mai 2014.
    Avant la fin du printemps, nous devrions remettre aux préfectures concernées la pétition "Empêchons la vente du sable des plages d'Anglet" afin de faire entendre notre volonté. Pour les retardataires qui n'auraient pas encore signé la pétition, il est encore temps de le faire EN SIGNANT ICI !

    L'équipe SOSLA.

    * dépôt des sables dragués par le navire dans la zone d'immersion côtière

    drague Elbe  Printemps 2013
    La drague Elbe, louée par la CCI BPB, est en train de réaliser un clapage côtier lors d'une journée favorable.
    Malgré la marée haute, le tirant d'eau de ce navire (-6.5m) ne lui permet pas de se rapprocher plus près de la côte. Pourtant l'effet de cette opération est intimement lié à la profondeur de clapage. Plus vous clapez près, plus l'effet sera rapide et positif. Pour mémoire, la "Sangsue" (ancienne drague à demeure) avait un tirant d'eau de -4.5m et était capable de claper bien plus près.....

Auteurs du blog: Aymeric Bayle et Pascal Dunoyer Contact: soslittoralangloy@gmail.com

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