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  • Anglet: du sable plus qu'il n'en fallait, la vraie histoire! 2/6

    II- Evolution de la côte angloye de 1578 à 1896:

    D'après les recherches de F. Jaupart (3), la digue de Foix, d'une longueur de 290 mètres, est construite en 1578 au lieu dit "le Trossoat" à Boucau. Elle fait barrage au fleuve en le rejetant vers la mer par un canal d'une longueur de 1800 mètres ouvert à l'ouest. La nouvelle embouchure se situe ainsi approximativement au niveau de la capitainerie actuelle.

    A- Des cartes qui parlent:

    1612 bis Médiathèque de Bayonne – domaine public

    Peinture E: en 1612, Nicolas Flanbergue pose sur la toile la situation de l'embouchure du fleuve 33 ans après son détournement. L'ancien lit de l'Adour délimité d'un côté par la digue de Foix est proche de la nouvelle embouchure mais cette impression reste empirique.(21)

    Après le détournement de l'Adour (peinture E), le transit du sable littoral s'accélère devant l'embouchure avec la formation d'un "by-pass" naturel(4). En effet, le courant de marée qui entre et sort tous les jours de l'estuaire augmente la vitesse de transfert du sable d'une rive à l'autre. De plus, les sables charriés par le fleuve viennent s'ajouter aux sables issus de la dérive littorale pour finir devant les plages d'Anglet et accélérer leur engraissement.

    Carte estimée début 1700 Médiathèque de Bayonne

    Carte F: extrait d'une carte issue des archives de la Médiathèque de Bayonne datant du début du 18 ème siècle et d'auteur inconnu.

    La carte F des environs de Bayonne nous éclaire sur la situation de la côte début 1700. La Pointe Saint Martin, le cap "Jette chien" pour nommer la pointe rocheuse de la Chambre d’Amour et les plages du même nom sont déjà signalés en ces temps lointains. La forêt du Pignada et la Barre de l'Adour sont aussi représentés. La côte angloye semble plus reculée qu’actuellement surtout près de l'embouchure au nord. La marche progressive des sables venant des Landes a formé une presqu’île devant l'embouchure et a rejeté progressivement le fleuve en direction du sud ouest vers la Chambre d'Amour.(5)

    Vers 1761, la carte G de J. N. Bellin fait un bond technique dans la qualité des relevés hydrographiques. Les ingénieurs ont pris le temps d'indiquer l'amplitude des marées sur la côte, en délimitant les marées basses des marées hautes. Ils ont dessiné aussi la sortie du "Barbot" sur la plage (flèche verte) et représenté la digue construite au bord du fleuve en 1732 pour redresser la sortie de l'Adour dans son axe initial ouest nord-ouest (flèche orange).

    1762 Carte de Belin Archives numérique BNF

    Carte G de J-N. BELLIN datant de 1762 et provenant des archives numériques de la Bibliothèque Nationale de France (BNF).

    On note l'absence de plage à marée haute dans la baie de la Petite Chambre d’Amour(flèche bleue). Il en est de même pour la célèbre grotte qui semble avoir les pieds dans l'eau...(point rouge)

    En 1826, les progrès en hydrographie sont considérables et les cartes de C.F. Beautemps-Beaupré, ingénieur de renom, s'imposent comme des références toujours utilisées aujourd'hui. Une chance pour nous qu'il ait eu la bonne idée de naviguer devant la côte angloye et de livrer son travail sur la carte suivante:

    1826 carte de Beautemps-Beauprès zoom angloy

    G: Carte particulière des côtes de France (environ de Bayonne) levée en 1826 par les ingénieurs hydrographes de la marine sous les ordres de Charles-François Beautemps-Beaupré, ingénieur hydrographe en chef (Archives numériques de la Bibliothèque Nationale de France)

    La carte marine G de Beautemps-Beaupré reste fidèle à l'évolution de la côte angloye du début du 19 ème siècle. Quelques nouveaux détails sautent aux yeux comme l'apparition d'un grand lac au sud de l’embouchure (cercle orange), formant aujourd'hui les deux lacs du parc d'Izadia, et le lac de Chiberta situé plus dans les terres(cercle vert). Ils correspondent aux anciennes embouchures de l'Adour qui existaient au 18 ème siècle. L'avancée de la terre a donné naissance à des dunes littorales qui ont permis aux vignerons d’y planter de nouvelles vignes. On constate désormais qu'une grande partie du littoral s'aligne la fin de la côte Landaise. Les plages de la Chambre d'Amour(cercle bleu) sont encore en retrait. La baie de la petite Chambre d'Amour ainsi que sa grotte(point rouge) ne présentent toujours pas de plage à marée haute...

    Vers 1890, la côte angloye semble avoir encore progressé sur la mer.

    1890 carte révisée de Bernard St Jour

    Carte H de Bernard Saint-Jours datée de 1890. (Archive BNF)

    Sur la carte H, on s'aperçoit que la quasi totalité du littoral est devenu rectiligne. Seul subsiste une petite anomalie à l'embouchure avec la présence d'un énorme banc de sable en forme d'haricot, plage de la Barre.
    L'apparition d'une route à la petite Chambre d’Amour signifie qu'en soixante ans, suffisamment de sable s'y est accumulé pour y permettre le passage des charrettes et des carrosses (flèche orange)! En 1867, l'ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées y signale la présence d'une dune sur laquelle pousse maintenant le fameux raisin(6). Enfin on voit, toujours au même endroit, la présence du premier établissement de bains construit en 1884. La grotte de la Chambre d'Amour signalée par le point rouge a désormais les pieds au sec...

    En 1926, le syndicat d'initiative du pays basque publie une carte dont les relevés topographiques sont plus anciens et donnent une idée du maximum de terre gagné sur la mer à Anglet.

    Carte de Bayonne-Anglet-Biarritz éditée en 1926 par le syndicat d'initiative de Bayonne

    Carte I de la région du BAB éditée en 1926 par le syndicat d'initiative du Pays Basque de Bayonne. (Archives BNF)

    Sur la carte I, l’hippodrome, construit au sud de l'embouchure au début des années 1870, semble finalement plus éloigné de la mer en 1926. Il y a même eu une extension derrière la tribune avec une cour avec des bâtiments spécialisés pour accueillir les chevaux (flèche orange).
    Du côté de la Chambre d’Amour(flèche verte), la mer a abandonné la pointe rocheuse du même nom et n'est plus du tout cernée par les eaux à marée haute.....Bien que la côte soit déjà en érosion au moment de la levée de cette carte, elle n'en reste pas moins le témoin du maximum de terre gagné sur la mer depuis 7 000 ans!(*)
    Alors que toute la côte aquitaine est entrée en érosion il y a environ 2000 ans, suite à l'épuisement des réserves sableuses, le littoral angloy, situé à la fin de la dérive littorale aquitaine, se présente comme un vrai paradoxe méridional!

    Après ce petit survol en carte de la côte Angloye, nous analyserons plus en détail le phénomène d'engraissement des plages lors de notre prochain épisode, avec l'appui de constats précis d'ingénieurs renommés de l'époque.

    L'équipe SoSLa

    Bibliographie:

    (*) Lire épisode 1 SoSLA: "Anglet: du sable plus qu'il-n'en fallait, la vraie histoire."
    (3) F. Jaupart "L'embouchure de l'Adour et ses variations après le détournement" Soc. SC L.A. Bayonne
    (4) Jean Dubranna, Thèse universitaire de génie civil 2007 "Etude des échanges sédimentaires entre l'embouchure de l'Adour et les plages adjacentes d'Anglet."
    (5) Monsieur Vionnois, ingénieur des Ponts et Chaussées au service du port et faisant partie de la commission spéciale crée en 1837 chargé de rechercher les moyens d'améliorer l'entrée du port de Bayonne, Annales des Ponts et Chaussées, BNF, 1858 Histoire de l'Adour.
    (6) L'ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées 1867, Aliénation d'une carrière par la commune d'Anglet Archive départementale de Pau, Fond de la préfecture Sous Série 4 S 202, Service Maritime.
    (21) Nicolas Flanbergue, extrait de la la peinture de 1612, Archive Médiathèque de Bayonne.

  • Anglet: du sable plus qu'il n'en fallait, la vraie histoire! 1/6

    Mais que se passe-t-il, qu’arrive-t-il à notre côte angloye? Pourquoi se déforme-t-elle autant? Subit-elle les conséquences du réchauffement climatique ou bien se vide-t-elle mystérieusement de son sable? Autant de questions qui ont attiré notre attention et c'est à la suite d'observations troublantes que l'équipe SosLa a mené son enquête pour mieux comprendre l'érosion des plages d'Anglet. Armés de constats et d'études scientifiques, nous avons repris l'histoire de ce petit bout de littoral pour analyser sa formation et son évolution depuis le dernier "maximum glaciaire" jusqu'à nos jours.

    I/ Evolution du littoral d'Anglet à travers la côte aquitaine de -20 000 à 1578:

    -Pour mieux appréhender la situation géologique dont nous héritons aujourd'hui, il est nécessaire de remonter 22 000 ans en arrière. Le dernier maximum glaciaire, c’est la dernière grande période froide en Europe! Il faut imaginer qu'en ces temps-là, notre région est recouverte de glace, des icebergs croisent au large de la côte, des mammouths colonisent les plaines et nos ancêtres réalisent des peintures rupestres sur les parois des grottes qui les abritent!

    carte colorée de Ravel an -18 000

    Carte A colorisée de Michel Ravel, mettant en relief les limites entre la terre et la mer il y a 22 000 ans lors du dernier maximum glaciaire.

    L’océan a cédé un maximum de terrain et se situe à 120 mètres en dessous de son niveau actuel. La côte angloye est rejetée à plusieurs dizaines de kilomètres à l'ouest de la pointe St Martin. Le littoral se présente comme une côte rocheuse, nourrie par du sable provenant des précédentes glaciations. Mais ces sédiments sont présents dans des quantités bien moins importantes que celles qui vont suivre. (Carte A)

    Puis, il y a 18 000 ans, débute le dernier réchauffement climatique, appelée en Europe "transgression flandrienne". Cette transgression se traduit par une montée rapide du niveau de la mer qui va passer en 13 000 ans de -120 mètres à -10 mètres. Le plateau continental, en jaune sur la carte A, va progressivement se trouver submergé par l'océan. (Carte B)

    carte de Ravel évolution de -18 000 à aujourd'hui

    Carte B colorisée de C. Mignot et J. Lorin représentant les différents littoraux du golfe de Gascogne au cours des 20 derniers millénaires(1).

    Durant cette grande période de réchauffement, d'énormes quantités de sable issues des glaciers vont être libérées et charriées jusqu'à la côte par les fleuves et les rivières. Des plages de sable et des dunes vont se former sur toute la côte Aquitaine, poussées par la dérive littorale depuis la pointe de Grave en Médoc jusqu’à la pointe St Martin sur la côte basque. (Schéma C)

    dérive littorale aquitaine tableau RP-56874-FR

    Le schéma C représente la dérive littorale en chiffres avec la "Direction et capacité du transit littoral annuel en mètres cube sur la côte aquitaine".(Laboratoire Central Hydraulique de France, LCHF 1979)

    Puis, il y a 7 000 ans, la montée du niveau des océans ralentit lorsque le volume des glaces se trouve en équilibre avec le climat. Depuis, il remonte lentement à un rythme moyen de 2 mm par an.(0)(2)
    Durant cette période, le sable continue d'affluer sur la côte. Malgré des pertes importantes durant son parcours de dérive littorale, une partie du sable arrive jusqu'aux plages d'Anglet qui se présentent comme le grand "terminus" de ce voyage (schéma D). Les premiers contreforts des Pyrénées, marqués par la pointe rocheuse de la Chambre d'Amour et la pointe Saint Martin vont ainsi se dresser comme un rempart naturel au prolongement de cette dérive. Au fil des siècles, le sable va s'accumuler progressivement contre ces falaises rocheuses.

    Contreforts rocheux du littoral

    La carte D représente les premiers contreforts nord Pyrénéens sur la côte basque (en violet). Les falaises au sud des plages d'Anglet se présentent ainsi comme l'obstacle final à la dérive littorale aquitaine.

    Au début de notre ère, il y a environ 2000 ans, les stocks de sable portés par les fleuves jusqu'à l'océan se réduisent sensiblement suite à la diminution de la taille des glaciers. Malheureusement, le volume de sable qui dérive le long de la côte aquitaine reste, lui, inchangé. C'est ainsi que les plages entrent progressivement en érosion, phénomène naturel qui ne cessera d'augmenter au fil du temps. Toutes les plages? Eh bien non, pas les plages d’Anglet! De par leur situation géographique privilégiée, elles voient toujours arriver des Landes d’importantes quantités de sable, qui s’accumulent ensuite contre ses falaises: ici, l'érosion de la côte sableuse n'a pas lieu d'être!

     

    Prochain épisode, l'évolution de la côte angloye de 1578 à 1896.

    L'équipe Sosla

    Bibliographie:

    (0) S. Planton et Al., ONERC Rapport niveau de la mer: "Le climat de la France au XXIe siècle"Février 2012.
    (1) C. Mignot et J. Lorin:"Evolution du littoral de la côte des Landes et du Pays Basque au cours des dernières années" 1978.
    (2) A. Alexandre, BRGM, RP-52370-FR "Etude de l'érosion de la côte basque: synthèse bibliographique".

  • Collectif Littoral Angloy: Rejoignez-nous !

    colian

    Page de présentation du COllectif LIttoral ANgloy dont le diminutif est "COLIAN".

     

    Ca y est, c'est parti ! Le blog du COLLECTIF LITTORAL ANGLOY (COLIAN) est opérationnel et il est prêt à recevoir votre adhésion dès aujourd'hui. Vous pouvez le consulter à l'adresse suivante:

    http://colian.blog.fr/

    Pour rappel, ce collectif a été fondé sous l'impulsion d'un groupe de surfeurs, de body surfeurs, de baigneurs, d'artisans et de commerçants locaux. Il a pour vocation d'être ouvert à toutes et à tous et vous pouvez dès à présent adhérer en ligne sur sa page d’accueil.
    Le but de cette page est d'informer le public de notre démarche auprès des élus et de rassembler vos adhésions pour faire entendre la voix des usagers des plages d'Anglet face à la problématique d'érosion artificielle qui déforment nos plages et qui a trop longtemps duré. Nous ne pouvons plus être victimes des activités portuaires qui nous coûtent financièrement et moralement. Ainsi, nos demandes doivent être prises en considération, afin de stopper le phénomène et d'évoluer, nous l'espérons, vers une restauration des plages angloyes.
    A l'image de chaque grain de sable, chaque voix compte et c'est ensemble que nous pourrons être entendus.

     

    Découvrez et adhérez au COLLECTIF LITTORAL ANGLOY en cliquant ici

     

    L'équipe SoSLa pour le Collectif Littoral Angloy

  • L'histoire du mur de soutien à la plage de la Chambre d'Amour!

    Alors que la réfection du mur de soutien situé à la Chambre d'Amour fait l'actualité du littoral d'Anglet à l'approche de l'hiver, voici les grandes dates qui ont fait l'histoire de cet honorable édifice, âgé de plus de 86 ans:

    - Le premier quai de la Chambre d'Amour est construit en 1884, devant le premier établissement de bain situé à la petite Chambre d'Amour. A cette époque, la TERRE GAGNE sur l'océan à hauteur de 3 mètres par an, laissant imaginer un avenir paisible à ce quai. Des tamaris sont même plantés devant ce mur de soutien et des buissons poussent devant sur la plage. Rien ne laisse présager que la main de l'homme va perturber l'écologie des plages Angloyes.

    1

    Le premier établissement de bain, à Anglet, se situait à la petite Chambre d'Amour. (photo début 1900)

    - En 1893 débute le dragage du sable à l'embouchure de l'Adour. A partir de cette année-là, 300 000 mètres cube de sable vont disparaitre tous les ans des plages, soit l'équivalent du volume de la Tour Montparnasse. Privée de son sable dragué, la côte Angloye voit sa tendance à l'engraissement s'arrêter et on constate le début d'une érosion dès début 1900.

    - En 1897, un arrêté préfectoral autorise l'extraction du sable à la plage de La Barre. 100 000 mètres cube de sables angloys disparaissent par la terre pour finir en matériau de construction.

    etablissement de bain début 1900 anglet

    L’établissent de bain avec son quai témoigne d'une absence d'érosion en haut de plage avec la présence d'une végétation dunaire qui recouvre le site début 1900.

    - Le 09 Janvier 1924, première tempête qui fait date dans les annales locales. Ce cataclysme emporte tout sur la plage de la petite Chambre d'Amour, le quai mais aussi l'établissement de bain. Seul reste le bosquet présent derrière le bâtiment visible sur la première photo!

    1929 anglet chambre d'amour

    Un nouvel établissement de bain est reconstruit plus en arrière du premier. La plage est marquée par des falaises vives de plusieurs mètres de haut au niveau de l'ancien quai. (photo 1929)

    - En 1928, un nouveau mur de soutien est envisagé, mais cette fois-ci à la future plage du Club pour recevoir le projet de la société foncière de Biarritz-Anglet, c'est à dire la construction la même année d'un établissement de bain de standing avec piscine et parking. Il y aura un énorme travail de remblayage avec le sable des dunes du coin car le terrain se situe en dessous du niveau de la route. Ce nouveau mur, de forme incurvée, sera construit en belle maçonnerie et mesurera 420 mètres de long.

    future plage du club début 1900

    Début 1900, la plage du club est une plage sauvage en contrebas de la route que seul les charretiers fréquentent quotidiennement et quelques baigneurs durant la période estivale. On aperçoit les vignes qui poussent sur les dunes crées par l'homme.

    - En 1930, la villa Zipa, posée sur la pointe rocheuse de la Chambre d'Amour et qui jouxte le nouveau mur de soutien, est démontée et reconstruite dans un autre quartier par sécurité face à un océan toujours plus menaçant. Cette maison sera restée une dizaine d'années perchée sur son perron face à la mer. A la même époque, il est décidé de prolonger de 930 mètres le mur du Club vers le nord de la côte soit jusqu'à la plage des Corsaires afin de créer une route littorale.

    Plage du Club avant la deuxième guerre mondiale

    Vers 1935, l'établissement de bain et son joli quai à moins de deux mètres du niveau de la plage, paraissent paisibles.

    - Entre le 15 décembre 1931 et le 15 mars 1954, l’examen des délimitations du domaine maritime montre une érosion des plages angloyes de 50 à 75 mètres correspondant à un recul de 3 mètres par an. Durant cette période, aucun incident sur le mur n'est à déplorer mais le recul du trait de côte se traduit ici par une baisse du niveau de la plage devant le quai. Les dragages à l'entrée de l'Adour continuent inexorablement ainsi que les extractions littorales, plage de La Barre.

    plage du club vers 1950

    Vers 1950, on note une baisse du haut de la plage. Des escaliers pour y accéder sont maintenant nécessaires.

    - A partir de 1960, les volumes de sables dragués à l'entrée de l'Adour augmentent sensiblement. Ils passent de 300 000 m3 à 450 000 m3 et les extractions industrielles de sable qui opèrent au nord et au sud de l'embouchure se développent, passant de 200 000 à 400 000 mètres cube par an.

    - En 1961, des dégâts sur le mur de soutien sont observés au niveau de la piscine de la Chambre d'Amour, mais sans gravité. La plage est descendue de plusieurs mètres et il faut maintenant rallonger les échelles pour accéder à la plage!

    le club vers 1960

    Le Club vers 1960. Toujours plus de marche pour accéder à la plage! En second plan, l’ancien escalier est encore visible mais il n’atteint plus le sable!

    - Le 12 Mars 1963, l'océan taille une brèche dans le mur au niveau de la pointe de la Chambre d'Amour. Le quai est déchaussé sur une soixantaine de mètres et la route est menacée. Cette partie du mur est la plus exposée. Il est logique qu'elle soit touchée en premier.

    Club1963 Mars archives Sud ouest médiathèque Bayonne

    Le mur au niveau de la pointe de la Chambre d'Amour, là ou jadis trônait la Villa Zipa, a été mal mené par les tempêtes de l'hiver 1963. Les vagues ravinent le sable derrière le mur et on devine la route en sursis sur la droite. (Archives Sud-ouest Médiathèque Bayonne)

    - En Juin 1963, les réparations sont rapidement effectuées avec des blocs d’ophite qui font ainsi leur première apparition sur la côte angloye. Ces blocs sont issus de carrières situées dans l'arrière pays. Ils sont extrêmement denses et solides. C'est aussi durant cette année que débutent la construction de la grande digue du Boucau.

    club 1964

    Apparition en Juin 1963 des premiers blocs d'ophite noirs au sud de la plage du Club devant la pointe rocheuse de la Chambre d'Amour.

    - En 1966, les travaux de la grande digue du Boucau se terminent et l’on constate amèrement qu'il faut maintenant draguer deux fois plus de sable pour libérer le chenal d'accès au port soit 700 000 mètres cube de sable angloy. La plage du Club continue de se désensabler de façon catastrophique et le mur devant l'établissement finit par s'effondrer le 23 Mai 1966 au niveau de la rotonde que forme le quai à cette endroit. Il faut reconstruire le mur dans l'urgence mais cet événement est une atteinte au patrimoine touristique de la côte basque que représentent les plages d'Anglet et une forte émotion s'empare de la population angloye. On s'interroge alors publiquement s'il s'agit là d'une conséquence de la construction de la digue nord de l'Adour...

    Club Mai 1966 Archives Sud-ouest Novembre 1974 Médiathèque de Bayonne

    1966 Plage du Club

    Voici l'état du quai devant le club après la tempête en Mai 1966. Le mur de soutien s'est effondré. Une partie du sable derrière le mur a suivi les vagues. (Archives Sud-ouest Médiathèque Bayonne)

    - En juin 1966, il est décidé par le conseil municipal de reconstruire un mur 2 mètres en arrière de celui existant, avec un rideau de palplanches de 7 mètres de profondeur. Entre le nouveau mur et les palplanches, il y aura une poutre en béton armé! L'ancien mur à cet endroit sera ensuite détruit et remplacé par des blocs d'ophite afin d'éviter que la plage ne s’amaigrisse, évitant ainsi la réflexion de la houle contre le mur.

    1966 Plage du Club et sa célèbre piscine

    Voici le résultat des travaux menés devant le Club. Le mur a reculé de 2 mètres. La piscine, elle, a l'air de vivre encore des jours heureux, mais pour combien de temps?

    - En 1968, le quai au sud de la piscine est consolidé avec de nombreux enrochements et on se rend compte que le paysage et le charme d'antan est en train de prendre une claque!

    1968-1969 Club

    Disparition de la rotonde au niveau du Club et recul du mur de soutien. Les escaliers d'accès à la plage se sont encore rallongés et les blocs d'ophites font leur apparition devant l'établissement!

    - En Novembre 1969, de nouveaux désordres du mur de soutènement sont constatés mais cette fois-ci à la plage de Marinella devant le fameux hôtel. La plage est descendue de 3 mètres, le pied du mur est sapé et les jets de vague passent par dessus le quai ou ce qu'il en reste.

    Marinella  Novembre 1969

    La chute d'un pan du mur vue depuis l'ancienne route littorale à la plage de Marinella en Novembre 1969.

    Didier Cazaux, à l'époque lycéen, raconte:"Je me revois encore ce samedi de novembre 1969, vers 13h, un trou de 50 cm commençait à se former devant mes pieds à hauteur de Marinella. Chaque vague creusait sous les fondations du mur. J'y suis retourné le soir et le trou faisait alors 50 mètres de long. Le mur était incliné prêt à tomber vers la mer. Le dimanche matin ce n'était plus que des morceaux sur le sable, et la mer finissait de les découper".

    - En Juin 1972, un nouveau mur de béton armé et une petite digue sont construits devant le groupe d'immeuble des Sables d'Or et la piscine du Club soutenus par le système des palplanches.

    - En Novembre 1972, une nouvelle érosion massive touche le littoral angloy. Les plages reculent par dizaines de mètres au nord de la côte angloye et le mur de soutien, d'une distance de 1350 mètres, est détruit sur 720 mètres soit 53% de sa longueur totale. La situation devient critique pour l’hôtel Marinella qui risque basculer à tout moment. Le problème est complexe car il s'agit là d'un hôtel privé sur un terrain privé où les pouvoirs publics ne peuvent intervenir. Mais tout le monde souhaite trouver une solution pour sauver ce bâtiment faisant partie du patrimoine touristique local.

    Janvier 1973 Hotel Marinella vu depuis le mur de soutien

    L’hôtel Marinella vu depuis les restes du mur de soutien en Janvier 1973 (Archive sud-ouest Médiathèque Bayonne)

    - En Février 1973, l'Etat réalise une protection de bloc ophitique pour l’hôtel Marinella mais le mur de soutien qui va du nord des Sables d'Or jusqu'aux Corsaires est abandonné.

    Marinella 1973

    En Février 1973, l’hôtel Marinella est sauvé des eaux mais pas le mur de soutien qui protégeait la route littorale.

    - Durant l'hiver 1973-1974, des enrochements sont placés au nord-est du quai des Sables d'Or pour protéger latéralement les avancées de la mer par rapport aux groupes d'immeubles des Sables d'Or.

    - Le 18 Novembre 1974, condamnation de l'Etat, propriétaire des infrastructures portuaires, par le tribunal administratif de Pau pour sa part de responsabilité dans l'érosion des plages d'Anglet suite à la construction de la digue nord et au dragage du sable à l'entrée de l'Adour. Après l'avertissement de Victor Mendiboure, maire d'Anglet, à l'Etat, des mesures sont envisagées par les services maritimes: arrêt des extractions littorales, mise en place d'un clapage côtier systématique et construction de plusieurs épis pour empêcher le sable angloy de glisser vers l'entrée de l'Adour mais il faut encore du temps pour organiser ces réformes.

    - En Décembre 1974, de nouvelles érosions massives ont lieu. La plage des Sables d'Or qui existait encore quelques mois auparavant a totalement disparu. L'abaissement de l'estran est estimé à 4 mètres. Les palplanches, fixées il y a un peu plus d'un an, sont devenues apparentes et certaines déformées. Dans cette nouvelle urgence, un renforcement à l'aide de rochers est lancé pour combler les trous creusés par l'océan devant le mur .

    Piscine et sable d'or Décembre 1974

    Le muret au niveau de la piscine s'est fissuré puis affaissé sur une trentaine de mètres creusant une véritable tranchée. Deux des cabanas du Club ont été détruites et la piscine inondée. La municipalité a déposé des blocs de pierre en urgence pour faire face à de nouvelles intempéries mais cet épisode aura raison de la belle piscine du Club.(Archives Sud-ouest Médiathèque Bayonne)

    - En Février 1975, l'érosion gagne la plage du VVF avalant une partie des parkings. Une carapace de rochers d'une longueur de 370 mètres est formées pour protéger le village vacances que beaucoup voient déjà disparaître!

     Février 1975 vvf

    Le parking au sud du VVF a en partie disparu lors de cette tempête. De véritables falaises vives d'une dizaine de mètres de haut se sont formées avec la force des vagues.

    Durant la même année, les premières mesures des services maritimes se mettent en place. On voit la construction du premier épi devant les Sables d’Or pour protéger le quai restant et la prolongation de la carapace de rochers de 65 mètres vers le sud à la plage du VVF.

    - En 1976, la construction d'un deuxième épi devant la plage du Club fera disparaître la belle piscine sous les gravats et avec elle, s'envoleront tous les souvenirs d'été de plusieurs générations d'angloy. Un troisième épi sera crée au nord de la plage de Marinella afin de tenter de sauver l’hôtel.

    - En 1977, on voit la construction de l'épi du VVF devant la pointe rocheuse de la petite Chambre d'Amour, de l'épi de la plage des Corsaires au niveau de la fin de l'ancien mur de soutien, et de l'épi des Cavaliers au sud de l’embouchure de l'Adour pour éviter que le sable ne glisse trop rapidement dans le chenal de dragage. C'est ainsi qu'il n'y aura plus de "plage de la Chambre d'Amour" mais des petites plages délimitées par des enrochements: plage du VVF, plage du Club, plage des Sables d'Or, plage de Marinella...

    Cote angloye 1981

    La vielle plage de la Chambre d'Amour a laissé place à une multitude de petites plages délimitées par des épis longitudinaux et transversaux finalisés à la fin des années soixante-dix.

    Suite à ces importants travaux d'endiguement, on ne verra plus de départ massif de sable à Anglet. De plus, le clapage côtier mis en place en 1974 devient vraiment opérationnel à partir de 1976 et permet de maintenir les fonds devant les plages sud du littoral.

    - En 1979, la nouvelle vague de consolidation des épis en blocs d'ophite pour protéger le mur de soutien est accompagnée d'un rechargement des plages situées entre les digues avec 70 000 mètres cube de gravier et 140 000 mètres cube de sable grossier extraits de la plage de Tarnos.

    - En 1980, l’hôtel Marinella ne peut plus résister aux intempéries. Il est racheté par l'Etat et rasé. La plate forme d'enrochement, sur lequel il repose, sera enlevée en 1987 car elle aggrave l'érosion de la plage.

    - Au début des années 1990, le pourcentage des sables angloys dragués à l'embouchure de l'Adour et ramenés devant les plages est en constante baisse par rapport à la fin des années 70.

    diagramme des activités de dragage à l'entrée de l'Adour

    Diagramme des activités de dragage à l'entrée de l'Adour. En vert, le sable angloy ramené sur la côte, en rouge, le sable angloy perdu pour les plages. (cliquer sur l'image pour un agrandissement)

    - Au début des années 2000, suite à des études de plusieurs experts locaux, le bilan tombe: les petits fonds devant les plages d'Anglet s'effondrent à nouveau. Les musoirs des digues des Sables D'or et de Marinella en font les frais et disparaissent successivement en 2008 et 2009.

    -A l'entrée de l'hiver 2013-2014, le littoral angloy a perdu plus de 5 millions de mètres cube de sable depuis le début des années 2000 lié la problématique du dragage de l'entrée de l'Adour. Il semblerait que les anciens locaux au pouvoir ont eu une amnésie des événements passés et qu'une nouvelle fois l'océan a tiré son épingle du jeu en se rapprocher un peu plus du mur de soutien et en poussant le sable grossier contre le quai.

    0411 2013 Club

    Les grosses tempêtes de l'automne 2013 ont préparé le terrain en poussant le sable grossier contre les enrochements et le mur de soutien.

    - En Mars 2014, les incidents observés lors de la tempête Christine provoquent de nouvelles dégradations du mur de soutien et montrent que l’océan est là et qu'il frappe à la porte.

    mur de soutien club 2014

    Lors de la tempête Christine, des dalles ont volé suite à la violence du choc avec les jets de vagues. Des blocs d'ophites ont été dispersés sur la plage, le sable grossier a "inondé" le quai, et l'eau de mer est venue raviner le parking.

    - En Novembre 2014, la ville d'Anglet reforme à l'identique le mur d'enrochements devant le quai car des faiblesses sont apparues dans le mur de soutien.

    Anglet surf info  1211 2014

    Confortement du mur de soutien au nord des Sables d'Or en Novembre 2014. (Photo Anglet Surf Info)

    - La fin d'année 2015 devrait voir l'arrivée d'une nouvelle drague à demeure. Cela reste le seul espoir visible à court et moyen terme pour tenir la position actuelle sans perdre bêtement plus de sable angloy par dragage. Croisons les doigts pour que cette solution fasse l'affaire du littoral tout en sachant que l'océan conserve sa part de mystère...

    L'équipe SoSLa

    plus de photos: http://www.comboost.com/photos/342648/rico24/663342/Plage-du-club-Anglet.aspx

    - "Etude de l'érosion de la côte basque" Alexandre A. Thèse bibliographie 2003 BRGM (RP-52370-FR et RP-52370-FRb)
    - "La Chambre d'Amour" de Pierre Lafargue 2007
    - "IV centenaire du détournement de l'Adour 1578-1978" Société des sciences lettres et arts de Bayonne
    - Archives Sud-ouest 1963, 1966, 1969, 1972, 1973 et 1974 Médiathèque Bayonne

    mur de soutien Club Mars 2012

    Aujourd'hui encore, on peut trouver dans le mur de soutien quelques pierres miraculées de ce vieux mur âgé de 86 ans.

  • Automne 2014: Renforcement de la zone sud du littoral d'Anglet

    Anglet surf info Novembre 2014
    Les bulls en pleine consolidation du mur de soutien à la plage du Club (ASI)

    Durant les mois d'Octobre et de Novembre 2014, les usagers des plages d'Anglet ont pu apercevoir des tractopelles travailler au niveau des quais de la zone sud du littoral. Le renforcement du mur de soutien avant l'arrivée de l'hiver avait été jugé urgent par les services techniques de la ville d'Anglet.
    En effet durant ces deux dernières années, nous avions pu observer l'apparition de plusieurs fissures dans le mur, de nombreux blocs avaient été déplacés par des houles hivernales successives, le haut des plages avait été envahi par les sables avant d'être submergé par les vagues.

    Quelques exemples:

    mur de soutien nord décembre 2012
    Belle faille dans le mur au nord du quai des Sable d'Or.

    Plage du Club le 04 Mars 2014
    Une partie des blocs d'ophites censés cassé les vagues et soutenir le mur de soutien a disparu à la plage du Club.

    04 Mars 2014 Bellambra/Christine
    Le faible enrochement de la plage de la petite Chambre d'Amour a permis aux vagues d'atteindre la promenade Victor Mendiboure et de saccager le mobilier urbain tout neuf lors de la tempête Christine.

    D'ailleurs, lors de l'enquête publique sur l’aménagement de la zone sud du littoral en Avril 2012, nous avions signalé au commissaire enquêteur que la plage de la petite Chambre d'Amour était affaiblie et qu'aucune action de confortement n'était prévue pour protéger le nouveau projet ce qui suscitait notre inquiétude...
    Deux ans après ces nouveaux aménagements, les vagues sont venues casser une partie du mobilier urbain présent sur le promenoir. De plus, l'Etat n'a pas jugé bon de classer le littoral angloy en état de catastrophe naturelle, pourtant la facture a du être "salée"!
    Mais la leçon aura servi puisque l'on a pu voir des engins renforcer le rempart de blocs en imbriquant minutieusement "façon tetris" un à un les rochers afin de reconstruire le rempart à l'identique de sa conception originale. Le résultat est remarquable:

    sable d'or Novembre 2014

    Le mur à la sortie du Barbot est à nouveau renforcé à l’extrême nord du quai des Sables d'Or.

    Plage du club Novembre 2014

    Plage du Club, l'armée de bloc d'ophite est prête à jouer son rôle, même en cas d'invasion de sable!

    VVf Novembre 2014

    Devant le Belambra, des blocs ont été déposés au dessus du niveau de la promenade afin d'empêcher les vagues de balayer le promenoir et de tout éventrer sur leur passage.

    Certes, le sable risque de submerger ces nouvelles défenses cet hiver et les vagues, à leur tour, de déferler sur la promenade. Mais les enrochements seront toujours là pour freiner les déferlantes et soutenir ce vieux mur qui reste la position à tenir coûte que coûte pour sauvegarder les commerces, les résidences et les bâtiments publics...

    Lors de notre prochain article, nous retracerons l'histoire de ce vénérable mur de soutien, âgé aujourd'hui de 89 ans!

    L'équipe SosLa

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SIGNEZ LA PETITION SUR AVAAZ:

"Empêchons la vente du sable des plages publiques d'Anglet"en demandant aux préfectures concernées le retrait de la modification de l'arrêté inter-préfectoral autorisant pour la première fois la vente d'une partie des sables dragués à l’entrée de l’Adour et provenant du littoral angloy.

 

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Auteurs du blog: Aymeric Bayle et Pascal Dunoyer Contact: soslittoralangloy@gmail.com

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