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  • Campagne de dragage Automne 2014: Un résultat exceptionnel!

     Orwell et Pallieter

    Sur la gauche, la petite drague Orwell, d'une capacité en sable de 2575 m3, sort chargée de l'estuaire de l'Adour. A droite, la grosse drague Pallieter d'une capacité de 5230 m3, est en plein dragage à l'embouchure du fleuve.

     

    Pour une première, c'est une première!

    En effet, la Société de Dragage Internationale (SDI) a réalisé presque un sans faute lors de cette campagne en ramenant sur les plages d'Anglet 98% des sables dragués à l'embouchure de l'Adour. De mémoire de clapage côtier angloy, cela ne s'était jamais vu!
    Autant, lors de la dernière campagne de Mars 2014, nous avions été très désappointés par le mauvais résultat, autant cette fois ci, nous sommes satisfaits de ce résultat enregistré pour les plages. Pour la première fois, nous avons senti une volonté commune entre l'équipe de la SDI et les agents du port à vouloir faire un bon résultat! Seul bémol, le tirant d'eau important de la DAM Pallieter implique des clapages côtiers en moyenne vers 8 mètres de profondeur, soit à une distance de plus de 700 mètres du bord ce qui a pour effet une diminution de l'effet de régalage des petits fonds, si chers aux baignades et aux sports de glisse.

    1410 2014

    Le 14 10 2014, la DAM Pallieter effectuait 8 clapages côtiers en 24H à une distance moyenne de 700 mètres de la côte. (Photo issu de Marine Traffic)

     

    Quelles sont les raisons d'un tel succès?

    Au départ, il était prévu que la DAM Orwell (Drague Aspiratrice en Marche) face tout le boulot de cette campagne. Comme à l'habitude, elle commence par s'occuper du banc St Bernard, ce qui tombe bien car les conditions de houles ne permettent pas de faire du clapage côtier avec le sable accumulé à l'entrée de l'Adour. La DAM Pallieter, de retour d'un chantier méditerranéen, passe devant le golf de Gascogne au moment même où une période d'accalmie de houle se met en place. L’occasion est trop belle pour draguer rapidement l'embouchure de l'Adour et faire un maximum de clapage côtier, pendant que la DAM Orwell s'occupe du banc St Bernard et avant que les conditions ne se dégradent. La drague Pallieter est donc réquisitionnée par l'équipe sur place de la SDI, pour accélérer la campagne de dragage dans de bonnes conditions. C'est pour cette raison précise que l'on a pu apercevoir durant une petite semaine, deux dragues vertes circuler à l'embouchure du fleuve. A situation exceptionnelle, résultat exceptionnel!

    Dam Orwell 2014

    La DAM Orwell est en train de sucer la vase du banc St Bernard, zone de dépôt naturel de l'Adour.

     

    Mais pourquoi pas 100% de clapage côtier?

    Sur les 139 332 m3 de sable dragués à l'embouchure de l'Adour durant cette campagne de dragage, 136 528 m3 ont été clapés dans la zone d'immersion côtière soit 98% des sables dragués. 2% de sable angloy ont été perdus au large sur la zone de dépôt. Lors de sa dernière rotation, l'élinde de la DAM Palletier est restée bloquée en dessous du niveau de la coque, cet incident technique ne permettant pas au navire de claper devant la côte dans de bonnes conditions. Par mesure de sécurité, elle est allée claper ce dernier chargement au large.

     

    Quel est le bilan de l'année 2014?

    Sur 546 205 mètres cube de sable angloy dragué à l'entrée de l'Adour, 272 672 mètres cubes angloys ont été perdus au large soit 50% de perte en 2014 qui viendront impacter une nouvelle fois le littoral angloy lors des prochaines houles hivernales. Depuis l'année 2000, le littoral angloy a perdu près de 5 millions de mètres cube de sable lié aux activités de dragage. D'ailleurs, la faiblesse du littoral se voit à travers la digue des Cavaliers qui, après une restauration en Octobre 2013, est l'objet de nouveaux travaux en 2014!

    L'équipe SosLa

     

    Cavaliers travaux et DAM Pallieter 2014

    Au premier plan, les travaux de renforcement de la digue des Cavaliers commencé en septembre 2014 et dans le fond, la DAM Pallieter qui clape, qui clape et qui clape...Une performance exceptionnelle de la SDI que l'on aimerait voir se reproduire dans l'avenir!

     

    *clapage côtier: sable dragué déposé devant les plages.

  • COLIAN: COllectif LIttoral ANgloy !

    COllectif LIttoral ANgloy

    Pour survivre, ces plages ont besoin de vous!

    Depuis la création de Sos Littoral Angloy, vous êtes sans cesse plus nombreux à nous lire et à suivre nos actions! Nous vous en remercions.
    Nous rappelons au passage que nous ne sommes pas spécialistes mais juste des usagers des plages d'Anglet. C'est armés de notre seule curiosité que nous avons enquêté, cherché, fouiné, pour ensuite comprendre, expliquer, illustrer, mais aussi démontrer, alarmer, dénoncer, et maintenant rassembler et proposer.
    Le constat des plages d'Anglet est aujourd'hui sans appel. Nous sommes également nombreux à penser que ce n'est pas une fatalité et que des solutions concrètes peuvent et doivent être apportées.
    Les plages d'Anglet sont notre bien commun, les défendre est aussi l'affaire de tous.
    C'est ainsi que le vendredi 02 Octobre 2014 s'est formé le COLLECTIF LITTORAL ANGLOY (COLIAN), dans le but que nos revendications soient prises en compte et pour fédérer un élan citoyen qui, nous l'espérons, mènera à la restauration de nos plages.
    Fondé sous l'impulsion d'un groupe de surfeurs, de body surfeurs, de baigneurs, d'artisans et de commerçants, ce collectif d'associations et d'individus a pour vocation d'être ouvert à toutes et à tous et vous pourrez prochainement adhérer en ligne.
    C'est ensemble que nous pourrons être entendus.
    A l'image de chaque grain de sable, chaque voix compte!

    CE SONT VOS PLAGES, ELLES ONT BESOIN DE VOUS, ADHEREZ PROCHAINEMENT AU COLLECTIF LITTORAL ANGLOY

     

  • Embouchure de l'Adour: pourquoi si peu de sable du côté des plages de Tarnos? Episode 4/4

    DERNIER EPISODE : VERS UN RETOUR DU SABLE AU NORD DE L'EMBOUCHURE DE L ADOUR?

     

    Dans l‘épisode précédent, nous avions vu que les départs massifs du sable des plages allant de Boucau à Tarnos font écho à ce qui se passe à Anglet depuis la fin des années soixante. Le constat est si choquant que des citoyens vont réagir.

    Des propriétaires privés du front de mer intentent un procès contre l'ETAT, et obtiennent gain de cause en 1974. Cette décision juridique a une énorme valeur puisque aussitôt la Direction du domaine publique maritime prend à sa charge la problématique en faisant arrêter en 1976 les extractions littorales de madrague qui ont lieu de chaque côté de l'embouchure de l'Adour, en faisant construire 6 épis au sud de la côte Angloye pour empêcher le sable fin de remonter vers l'entrée de l'Adour et en mettant en place à ses frais le clapage côtier pour ramener le sable angloy qui s'accumule artificiellement dans le chenal de l'Adour.

    Sur la côte nord de l'embouchure, la côte régresse encore quelques années tellement l'inertie de recul créé par l'homme est forte.

    1978 2407 IGN Boucau Tarnos

    Photo aérienne de la côte nord de l'embouchure faite en 1978 et provenant des archives de l'IGN

    Ce n'est que trois ans après l'interdiction des extractions littorales, vers 1978, que la plage cesse de reculer sur la côte nord de l'Adour. Les blockhaus sont alors au plus près de la mer et l'ancien établissement de bains Laffitte se situe maintenant à 81 mètres des plus hautes marées au lieu de 140 mètres en 1952, correspondant à un recul moyen de 2.5 mètres par an avec des pointes à plus de 5 mètres par an dans les années soixante dix.

     

    2008 IGN Boucau Tarnos

    Photo aérienne de la côte nord de l'embouchure faite en 2008 et provenant des archives de l'IGN

    En 2008, l'inversion de la tendance entamée en 1978 se confirme puisque la végétation a repris du terrain vers la mer, signe d'une plage qui rengraisse à nouveau! Les falaises vives de la dune ont laissé place à un bourrelet sablonneux, le blockhaus sur la plage (2?), encore visible il y a 30 ans, s'est bien ensablé et a disparu! Celui qui est un peu plus haut à droite sur le cordon dunaire, est aussi enfoui derrière la dune. Un peu plus au nord, le blockhaus au grand mat en métal, bien visible aujourd'hui et qui était en train de glisser sur la pente de la dune rongée, a été repris par le sable et la végétation locale. Notre repère Lafitte, qui était à 80 mètres de l'océan en 1978, est maintenant à 110 mètres environ, soit un engraissement moyen de la plage d'un mètre par an! La nature a repris ses droits.

    Finalement, on comprend mieux pourquoi la plage, côté nord de l'embouchure, n'est pas plus engraissée aujourd'hui. Au lieu d'avoir pu continuer à progresser naturellement durant les années 60 et 70, elle a perdu artificiellement une quarantaine de mètres. Depuis le début du recul en 1952 s'il n'y avait pas eu ces extractions littorales intensives, il est très probable que la plage serait au moins 100 mètres plus en avant dans la mer. Suite à la construction de la digue du Boucau entre 1963 et 1966, l'accumulation du sable contre la digue serait sans doute une soixantaine de mètres de plage supplémentaire...

     

    Idem, pour la plage du Métro à Tarnos.

    1979 métro tarnos IGN

    Photo aérienne de la plage du Métro à Tarnos faite en 1979 et provenant des archives de l'IGN

    Le maximum de recul est atteint vers 1978. En plus du blockhaus principal, un autre bunker, juste derrière et  jusque là caché dans la dune, s'est à son tour "tchanqué" sur la plage.

     

    2008 Tarnos Metro

    Photo aérienne de la plage du Métro à Tarnos faite en 2008 et provenant des archives de Google Earth.

    En 2008, la plage du Métro s'est aussi reconstituée, mais avec un effet moins important qu'à proximité de la grande digue du Boucau. On enregistre quand même un engraissement de la plage d'une quinzaine de mètres en 30 ans. Il faut imaginer qu'il y avait là, durant les grandes années d'extraction littorales, des falaises vives de plusieurs mètres de haut et qu'avant d'arriver à regagner du terrain sur la mer, la plage a dû se reformer durant plusieurs années... On comprend mieux pourquoi les blockhaus, qui ont subit cette érosion passée, paraissent aujourd'hui figés à leur emplacement.

    Du côté de la côte Angloye, paradoxalement, les derniers relevés des limites du domaine maritime établis entre 1979 et 2009, font état d'un recul moyen de la côte de 30 mètres sur les plages qui ne sont pas défendues par les enrochements latéraux comme aux plages du Vvf, du Club ou des Cavaliers. Cela représente un recul d'environ un mètre par an pour le littoral située entre les Sables d'Or et les Dunes.(Lien de la délimitation du domaine public maritime à Anglet, paragraphe 22)

    Cette analyse mets en lumière qu'il existe encore une"DÉRIVE LITTORALE" significative sur le secteur des plages de Tarnos, puisque du sable s'y accumule toujours. Pour les raisons décrites dans l'épisode 1 de cette thématique, ce courant latérale est effectivement plus faible que celui qui circule sur la côte landaise, au nord de Capbreton, et si la grande digue du Boucau n'existait pas aujourd'hui, le sable issu de cette dérive littorale se déposerait encore sur les plages d'Anglet comme par le passé, évitant ainsi leur érosion.

     

    0704 2014 campagne de dragage

    Sur cette photo, on voit les plages d'Anglet enclavées entre la grande digue du Boucau, au nord et la pointe St Martin au sud. Elles sont en recul par rapport aux plages du nord de l'embouchure. Le trait bleu évoque le parcours de la drague Pallieter en plein travail. Les 2/3 des sables angloys qui ont glissé vers l'embouchure avec le courant malgré les digues, sont pompés par le navire et perdus au large, là où les traits bleus s'arrêtent. Ce sable angloy retiré des fonds marins de la côte est synonyme d'érosion! (photo issu de MarineTraffic prise lors de la campagne de dragage de Mars 2014

     

    La problématique des plages d'Anglet n'est en aucun cas lié au réchauffement climatique mais plutôt à son isolement artificiel qui l'enclave entre la grande digue et la pointe St Martin, espace dans lequelle on fait disparaître son sable dérivant vers l'entrée de l'Adour par dragage.
    C'est pour cette raison logique qu'il est primordial que TOUT SABLE DRAGUE A L'ENTREE DE L'ADOUR RETOURNE SUR LES PLAGES D'ANGLET. Les usagers des plages comme les contribuables sont, dans cette affaire, victimes des activités portuaires qui opèrent à l'entrée du fleuve. Ils ne doivent nullement participer au coût du retour de leur sable. Une prise de conscience des élus de agglomération sur l'ensemble de cette affaire est essentielle pour éviter la répétition des erreurs qui se sont faites au détriment de l'intérêt général.  

    D'ailleurs, concernant le renouvellement de l'arrêté définissant les nouvelles conditions de dragage à l'entrée de l'Adour, nous sommes toujours dans l'attente de lire son contenu. Le dossier a beaucoup de retard puisqu'il aurait dû sortir il y a déjà six mois . Nous ne connaissons pas les raisons de ce retard, mais ce qui est sûr, c'est que nous sommes encore dans l'attente du retrait officiel du paragraphe autorisant la mise à terre du sable à des fins non littorales. La pétition contre la vente du sable comptabilise aujourd'hui 4500 signatures et reste toujours d'actualité. Si vous ne l'avez pas encore signée, il n'est pas trop tard puisque l'enquête publique qui précède cet arrêté est en attente. Nous sommes donc aux aguets et nous espérons que désormais, vous partagez notre intérêt pour ce dossier et notre volonté de garder ce sable pour protéger notre côte.

    L'équipe SosLa

  • Embouchure de l'Adour: pourquoi si peu de sable du côté des plages de Tarnos? Episode 3/4

    EPISODE 3 : LES PLAGES DE TARNOS RECULENT A LEUR TOUR!

     

    En 1962, le terrain du Champ de Tir à Tarnos est totalement retourné par les extractions littorales! Le trait vert qui représente la limite de la végétation et qui était placé à gauche du blockhaus le plus à l'ouest sur la photo de 1952 est maintenant situé sa droite. Les deux machines d'extraction de sable qui opèrent sur cette zone provoquent un recul des plages d'une dizaine de mètres. Çà y est, la côte nord ne gagne plus sur la mer, elle perd à son tour du terrain, soit en moyenne 1 mètre/an, alors qu'au même moment les plages d'Anglet reculent de 3 mètres/an.

    1962 IGN Cote nord Tarnos

    Photo aérienne du nord de l'embouchure de l'Adour faite en 1962 et provenant des archives de l'IGN

     

    - La construction de la grande digue du Boucau, entre 1963 et 1966, est synonyme d'une accélération de l'érosion de la côte Angloye. Les volumes de sable dragués à l'entrée de l'Adour sont multipliés par deux, avoisinant ainsi les 700 000 m3 par an soit l'équivalent à 2 fois le volume de la Tour Montparnasse. La côte angloye devient quasiment l'unique contributeur en sable car les sédiments portés par la dérive littorale sont stoppés par la grande digue, et le fleuve ne produit pratiquement plus de sable suite à l'instalation, au cours du 20 ème siècle, de 188 barrages hydro-électriques, véritables pièges à sédiments sur le bassin versant de l'Adour! Le trait de côte recule alors par dizaines de mètres tous les ans et ce jusqu'au milieu des années soixante dix.
    Du côté des plages de Tarnos, on pourrait imaginer que l'arrêt net de la dérive littorale par ce nouveau rempart artificiel devrait contribuer à stabiliser ces plages voire, les réengraisser.
    Mais il n'en est rien et le pire est en train d'arriver. En effet, ce ne sont plus deux machines d'extraction littorale qui fonctionnent en permanence sur le littoral de Tarnos mais six!!!

    1968 IGN côte nord Tarnos

    Photo aérienne du nord de l'embouchure de l'Adour faite en 1968 et provenant des archives de l'IGN

    On compte trois engins d'extraction littorale sur la côte nord de l'embouchure de l'Adour, signalés par des flèches rouges. c'est donc 300 000 mètres cube de sable qui disparaissent chaque année sur la plage du terrain de tir! Les flèches jaunes montrent pour la première fois l'apparition de falaises vives taillées dans le cordon dunaire, signe d'une forte érosion. Le cercle orange le plus à gauche situe le blockhaus qui était le plus en avant du complexe défensif allemand. Il se retrouve en quelques années en bas de la plage, presque enseveli! Le cercle rouge situe la position de l'ancien établissement Laffitte.

     

    1968 plage du métro à Tarnos IGN

    Photo aérienne de la plage du Métro à Tarnos, faite en 1968 et provenant des archives de l'IGN

    La plage du Métro de Tarnos est caractérisée par la présence d'une piste d'aviation construite par la société Dassault, mais aussi par son énorme blockhaus posé sur le haut de la plage, visible dans le cercle orange. Les flèches rouges indiquent la présence, là aussi, de trois engins d'extraction littorale, alors que jusqu'à présent, cette plage était épargnée par l'exploitation industrielle du sable. Ici aussi, 300 000 m3 de sable disparaissent tous les ans. Si on les rajoute aux 300 000 mètres cube qui disparaissent au nord de l'embouchure, on arrive à un total de 600 000 m3 de sable extrait tous les ans sur une distance de 4 km. N'oublions pas les 700 000 mètres cubes qui sont dragués chaque année à l'entrée de l'Adour depuis la construction de la grande digue du Boucau et les 100 000 mètres cube extraits à plage de la Barre à Anglet. Ainsi, on totalise un chiffre ahurissant d'1 400 000 mètres cube de sable qui disparaissent tous les ans des plages sur une distance de 4.5 km de littoral correspondant à quatre fois le volume de la Tour Montparnasse. Pas étonnant que devant une telle folie, ce qui devait arriver...arriva !

    C'est ainsi que le littoral situé entre la piste d'aérodrome de Tarnos et le phare de la pointe Saint-Martin va reculer par dizaines de mètres entre 1968 et 1976:

    1975 Tarnos digue

    Photo aérienne de la côte nord de l'embouchure, faite en 1975 et provenant des archives de l'IGN

    En 1975, au nord de l'embouchure de l'Adour, le carnage est époustouflant. On voit clairement la présence de falaises vives de plusieurs mètres de haut taillées dans le cordon dunaire. Les blockhaus marqués par les cercles oranges sont en pleine bascule sur la pente des dunes, d'autres sont déjà posés en bas et certains même ont disparu. Le constat du recul du trait de côte est sans appel!

     

    1975 Tarnos métro

    Photo aérienne de la plage du Métro à Tarnos, faite en 1975 et provenant des archives de l'IGN

    A la plage du Métro, le bilan est aussi saisissant. Le gros blockhaus, jadis posé sur le cordon dunaire, s'est détaché de la dune et gît sur la plage, balayé par forte marée. La plage a reculé ici aussi d'une dizaine de mètre en peu de temps. Des falaises vives apparues dans la dune sont signalées par les flèches jaunes. Les flèches rouges montrent toujours la présence des machines d'extraction de sable synonyme encore d'une forte exploitation industrielle en 1975.

    Ce recul sans précédent du trait de côte, dont l'homme est seul responsable ici, va-t-il se poursuivre? C'est ce que nous verrons dans le quatrième et dernier volet de cette saga.

    L'équipe SosLA

  • Embouchure de l'Adour: pourquoi si peu de sable du côté des plages de Tarnos? Episode 2/4

    EPISODE 2 : LA COTE NORD DE L'EMBOUCHURE DE L'ADOUR GAGNE SUR L'OCÉAN DEPUIS DES SIÈCLES!

     

    Alors que toute la côte aquitaine est en érosion depuis le début de notre ère, les plages de Tarnos, situées à proximité de l'embouchure de l'Adour comme celles d'Anglet, continuent d'engraisser jusqu'à la fin du 19ème siècle. Cela est dû, à la fois à leur situation géographique, puisqu'elles se trouvent en fin de dérive littorale marquée par les premiers contreforts de la chaîne des Pyrénées qui se dressent là comme un rempart naturel au déplacement du sable, et à la présence immédiate de l'embouchure de l'Adour qui produit encore, à cette époque, des volumes de sédiments importants.

    Voici l'embouchure de l'Adour entre 1700 et 1869:

    1869 Ponts & Chaussées archives départementales de Pau

    Extrait des relevés établis par les ingénieurs des Ponts et Chaussés entre 1700 et 1869: les tracés colorés et datés correspondent aux différents traits de côte de l'embouchure de l'Adour à marée basse. Nous avons juste rajouté les dates en couleurs pour mieux apprécier le document. (Archive départementale de Pau, Fond de la préfecture Sous Série 4 S 202, Service Maritime).

    D'après ce plan, on voit clairement que la terre gagne sur la mer au rythme moyen de 2.5 mètres/an côté nord et de 4.5 mètres/an côté sud de l'embouchure, pendant les 170 années étudiées. Comme le signalait à l'époque l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées: "On a l'impression que la mer a abandonné son rivage".

    En 1893, après avoir formulé sa demande à l'Etat, la Chambre de Commerce et d'Industrie de Bayonne obtient l'autorisation de pratiquer le dragage continu de la Barre de l'Adour et retire chaque année 350 000 mètres cubes de sable, soit l'équivalent du volume de la Tour Montparnasse.
    Nous savons aussi que la préfecture donne l'autorisation d'extraire de la madrague à l'embouchure du fleuve et que 100 000 mètres cubes de sédiments sont ainsi retirés chaque année sur le site de la Barre. Quelques années plus tard, la même autorisation est délivrée pour la côte nord de l'embouchure sur la commune de Tarnos. Le volume total de sable extrait annuellement sur la zone avoisinera ainsi les 550 000 mètres cubes!

     

    1938 IGN Embouchure de l'Adour

    Dans les cercles jaunes on apperçoit les traces des extractions littorales qui ont lieu de chaque côté de l'entrée de l'Adour en 1938. (Photo IGN)

    Dès lors, les relevés scientifiques constatent un recul moyen de 1 mètre/an entre 1896 et 1939 évoluant vers 3 mètres/an au début des années soixante sur les plages d'Anglet. L'apparition d'une érosion sur la côte angloye montre que les extractions qui ont lieu sur terre comme en mer, sont non seulement supérieures au volume de sable qui arrive naturellement, mais qu'en plus on puise dans le stock de sable des plages d'Anglet provoquant leur recul. C'est ainsi que se dessine le début d'une catastrophe écologique puisque l'homme a inversé la dynamique sédimentaire qui existait ici depuis plusieurs siècles.

    - Mais qu'en est-il au même moment sur la côte nord de l'embouchure?

    Voici la concession de bain de mer Laffitte, visible dans le cercle orange sur la gauche, qui se situe en front de mer des plages de Tarnos début 1900. Ce bâtiment, construit en pierre de taille et posé sur le haut de la dune va nous servir de repère pour suivre l'évolution de la côte nord:

    Concession Laffitte Tarnos

    La concession Laffitte, vue depuis la jetée nord de l'embouchure du fleuve début 1900.

     

    Etablissement Laffite Tarnos 1902

    Schéma de 1902 des Ponts et Chaussées, issu des Archives départementaux de Pau. (Fond de la préfecture Sous Série 4 S 202, Service Maritime)

    En 1902, le service des Ponts et Chaussées situe précisément cet établissement sur la dune herbeuse devant la plage de la commune de Tarnos, suite à une demande de renouvellement du droit d'exploitation.

     

    Etablissement Laffite Tarnos 1909

    Schéma de 1909 des Ponts et Chaussées, issu des Archives départementales de Pau. (Fond de la préfecture Sous Série 4 S 202, Service Maritime)

    En 1909, l'établissement se trouve toujours au même endroit mais parait maintenant un peu plus en arrière du cordon dunaire qu'en 1902. La végétation s'est développée en avant de l'établissement et montre que la terre continue de gagner sur la mer. La distance prise naturellement durant cette période représente une quinzaine de mètres, alors qu'au même moment, les plages d'Anglet reculent déjà d'un mètre par an. A noter que la Tour des Signaux, située au sud de l'Adour, est en avant de la limite de la végétation des plages de Tarnos par verticalité.

     

    1938 côte nord Tarnos IGN

    Photo aérienne du nord de l'embouchure de l'Adour faite en 1938 et provenant des archives de l'IGN

    Dans le cercle rouge, on reconnait la position du bâtiment de la concession Laffitte. Le trait vert est pour nous la limite de la végétation. Elle se situe maintenant à gauche de la tour des signaux par verticalité. On s'aperçoit qu'en 30 ans, la terre a gagné à cet endroit plus d'une centaine de mètres et ceci malgré les extractions littorales et le dragage qui se pratiquent à proximité. Bien que ces pratiques perdurent dans le secteur, le sable de la dérive littorale, toujours aussi abondant, permet aux plages de Tarnos de gagner 2.5 mètres par an alors que les plages d'Anglet, elles, ont entamé leur recul depuis déjà plusieurs décennies...

    1952 IGN Côte nord Tarnos

    Photo aérienne du nord de l'embouchure de l'Adour, faite en 1952 et provenant des archives de l'IGN

    Quatorze ans plus tard, on retrouve les vestiges du bâtiment Laffitte, rasé pendant la deuxième guerre mondiale. Il n'en reste plus qu'une dalle bétonnée, accompagnée de quelques arbres! Non loin de là, des blockhaus abandonnés par les allemands sont apparus. Ceux qui sont délimités par les cercle oranges vont nous servir de repères. Celui qui est le plus à gauche a été construit sur une dune herbeuse en partie détruite par les activités humaines qui s'opèrent à proximité. Il est délimité sur sa gauche par le trait vert. La distance qui le sépare du bâtiment Laffitte est maintenant de 140 mètres, soit 28 mètres supplémentaires par rapport à 1938, ce qui signifie que l'on est toujours sur une dynamique d'engraissement des plages de Tarnos. Mais attention, le péril du sable est en train de se mettre en place. En effet, il y a désormais deux machines d'extraction de sable littoral qui opèrent dans le coin (flèches rouges), correspondant à une disparition de 200 000 mètres cube de sable/an.

    Cette progression vers la mer, qui semble déjà ralentir, va malheureusement s'arrêter car la main de l'homme va y mettre un terme… C'est ce que vous découvrirez dans le prochain épisode de cette histoire!

    L'équipe SoSLa

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Auteurs du blog: Aymeric Bayle et Pascal Dunoyer Contact: soslittoralangloy@gmail.com

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