Voici le communiqué de presse de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Bayonne Pays Basque (CCI BPB):






ou 
L'équipe SOSLA rebondit pour donner son point de vue sur les parties qu'elle a souligné en jaune:
Le dragage n'est pas un moyen de lutte contre l'érosion du littoral. Il est un outil qui sert les activités portuaires et qui, mal utilisé, déstabilise l'équilibre des plages à proximité et crée par la même occasion l'érosion de la côte. Pour le port de Bayonne, la solution de "bon sens" est de se doter d'une drague à demeure afin d'avoir une gestion plus durable de ses opérations.
Ce communiqué, qui est logiquement là pour apporter de la transparence, soulève de nombreuses interrogations qui, dans leurs finalités, reviennent à 2 questions liées: Qu'est ce qui retient aujourd'hui la CCI de Bayonne de faire cet achat ? Le Conseil Régional a-t-il la volonté d'investir dans une drague à demeure? Pourtant l’intérêt financier de cet achat n'est plus à démontrer. Il permettrait aussi d'entretenir régulièrement le chenal de navigation de l'estuaire de l'Adour, de défendre la côte angloye victime de ce dragage avec des clapages côtiers* de qualité, de servir à d'autres communes du littoral aquitain qui en ont fortement besoin, le tout en créant des emplois....
Analyse détaillée du communiqué de presse:
"Le 27/03/2013"
Ce communiqué est
sorti deux jours après notre réunion d'échange avec les élus de la mairie d'Anglet et le représentant du Conseil Régional délégué au port de Bayonne et à la pêche.
-"LE DRAGAGE, UN MOYEN DE LUTTE CONTRE L’EROSION DU LITTTORAL":
Nous nous permettons de rappeler ici que l'érosion de la côte d'Angloy est liée à
un phénomène artificiel qui a débuté avec les activités de dragage en 1896,
date à laquelle ces plages ont commencé à reculer. Nous trouvons donc ce titre trompeur puisqu’il fait croire à l'opinion publique que le dragage est un moyen de lutte contre le recul du trait de côte. C'est faux,
le sable dragué à l'entrée de l'Adour provient directement des plages d'Anglet et crée par cette disparition l'érosion de nos plages. Une bonne gestion durable impliquerait que le sable soit
ramené en totalité sur la côte ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Les plages d'Anglet vue depuis les Landes. On voit nettement le phénomène artificiel qui provoque le recul accéléré du littoral angloy depuis 1966 alors que les plages situées entre Ondres et Boucau sont en phase d'engraissement depuis la construction de la grande digue...

Ici, on note l'accumulation du sable dérivant au nord de l'embouchure de l'Adour depuis la plage du Métro de Tarnos jusqu'à la grande digue. Au sud de l'embouchure le recul de la plage flagrant caractérise le phénomène artificiel angloy....
"-Service public que lui a confié la Région Aquitaine":
Le Conseil Régional d'Aquitaine(CRA) a récupéré fin 2006 la mission du dragage du port de Bayonne. Il l'a confié à son tour à la CCI BPB en 2009 dans le cadre de la concession du port.
-"Les travaux de dragage ...s’effectuent dans un cadre réglementaire défini par l’Arrêté Inter préfectoral modificatif du 21 juin 2012 de l'Arrêté Inter préfectoral N°04/EAU/24":
Les campagnes de maintien des profondeurs s'effectuent bien dans le cadre réglementaire de l'arrêté inter-préfectoral modificatif du 21 juin 2012 N°04/EAU/24 autorisant notamment la mise à terre de 80 000 m3 de sable à terre par an soit l'équivalent de 6 700 camions-benne.
"-L’entretien du chenal d’accès au fleuve dont les fonds doivent être maintenus entre -11 et -12 m Côte Marine."
Ceci sous entend que techniquement il serait possible de draguer plus profondément si c'était nécessaire. (voir plus loin)
"-La zone d’immersion côtière : C’est la destination du sable dès que les conditions météorologiques le permettent":
Effectivement, tant que la CCI BPB commanditera une prestation de dragage avec la Société de Dragage Internationale (SDI)sur une période très courte, le pourcentage de sable clapé sur la côte sera toujours dépendant des conditions météorologiques de navigation.
-La zone de dépôt à terre: Cet espace n’est actuellement pas encore aménagé, mais il pourrait accueillir jusqu’à 80 000 m3 de sable dragué à l’embouchure, dans le seul cas où les conditions météorologiques ne permettraient pas de le claper sur les plages d’Anglet:
Depuis que le port de Bayonne travaille avec la SDI, toutes les campagnes de dragage ont un volume de sable rejeté au large supérieur à 80 000 m3 de sable par an. Le cahier des charges, inadapté au clapage côtier, donne toutes les chances au navire de rejeter le sable au large et laisse entrevoir l'option de récupération du sable à terre.
Suite à l'article Sud Ouest du 03/04/13, il semblerait que ce projet soit officiellement abandonné par suite de pressions politiques et
citoyennes.
"-A ce jour, suite à une procédure d’appel d’offre public, c’est la Société de Dragage International (SDI) qui est en charge de la prestation de dragage à l’embouchure.
A chaque campagne, la CCI Bayonne Pays Basque passe une commande de travaux qui précise les volumes et les objectifs auprès de son prestataire SDI. Celui-ci répond à cette commande en mobilisant, dans le délai convenu, son moyen de dragage (c'est-à-dire le navire de son choix)."
L'appel d'offre entendait que la SDI serait en charge du dragage jusqu'à fin 2013. Et après, que va- t-il être décidé? La réponse très attendue devrait intervenir dans l'été....
-Il appartient au capitaine du navire d'apprécier si les conditions météorologiques permettent d'approcher en toute sécurité de la plage: avec un navire de +/-90m de long et +/- 6.50m de tirant d'eau en charge, il est nécessaire que la houle devant la plage soit inférieure à 1.5m.
En effet, la drague envoyée par la SDI n'est pas définie à l'avance par un cahier des charges favorisant le clapage côtier* au plus près de la côte. De ce fait, le capitaine et son navire changent quasiment à chaque campagne: voici les navires intervenus en moins de 3 ans: Vlaanderen XX, MAriéké, Mélina, Elbe... Aussi,
comment le capitaine peut-il faire des clapages côtiers de qualité quand celui ci ne connait pas la zone?
De plus, le tirant d'eau du navire, intimement lié à la qualité du clapage côtier, ne sera jamais optimisé pour cette opération:
6.5m de tirant d'eau en moyenne pour les dragues de la SDI contre 4.4m de tirant d'eau pour la dernière drague à demeure "La Sangsue".
Les marnages (différence entre la hauteur d'eau à marée haute et celle de la marée basse d'avant ou d'après) vont sur notre côte jusqu'à 3,5m lors des grands coefficients de marée. Aussi, la drague devrait elle travailler entre la mi marée à la marée haute pour être au plus près de la côte afin d'optimiser cette opération. Mais actuellement, les dragues de passage pressées par le temps, viennent claper autant à marée haute qu'à marée basse.
Bilan: 2m de plus de tirant d'eau pour les dragues de la SDI + 3m de marnage sur la moitié des clapages = 5m de profondeur perdus pour optimiser l'opération: c'est énorme !


La drague La Sangsue, cédée à la France au titre des dommages de la guerre 1914-1918, appartiendra aux Ponts et Chaussés de Bayonne de 1963 à 1990. Son tirant d'eau de 4.40m en charge amenait une efficacité supérieure de 30% pour le clapage côtier par rapport aux dragues de la SDI .
-Jusqu'en Juin 2012, si les conditions météorologiques ne permettaient pas d'approcher le navire en toute sécurité devant la plage, le capitaine n'avait d'autre solution que de claper les sables dragués dans la zone d'immersion du large. Or il faut savoir que ce sable clapé au large est alors définitivement "perdu" dans le sens ou les courants ne le ramènent jamais devant la plage.
Le sable "perdu" au large se présente
à partir de -12m de profondeur. C'est d'ailleurs la limite que s'est fixée la CCI BPB pour entretenir le chenal de navigation (voir plus haut). Aussi, n'importe quelle drague est capable d'aller chercher le sable dans ces profondeurs. Par exemple, la drague qui entretient une partie du fleuve Saint Laurent au Canada est capable d'aller chercher les sédiments jusqu'à -70m.
Il est évident que ce sable n'est pas perdu et nous trouvons cette conclusion très étonnante !
Ce stock de sable repose actuellement dans son milieu naturel et reste en attente pour servir aux prochaines générations. N'est ce pas là une approche plus durable que celle qui est proposée par la modification de l'arrêté?
-Fort de ce constat, la CCI BPB a souhaité étudier une solution alternative afin de mettre du sable à terre dans la limite de 80 000 m3 par an.
La solution alternative portée par la CCI de Bayonne n'a aucun effet durable sur l'environnement côtier de la commune d'Anglet à laquelle ce sable appartient. En revanche, proposer une alternative de ré-engraissement des plages qui passe par la terre serait une belle initiative!
Le grenelle de la mer (Groupe N° 11 du Grenelle de l’Environnement, page 7 paragraphe 4) spécifie que les sables dragués peuvent être réutilisés à terre soit comme des matériaux de construction dans le bâtiment,
soit dans le rechargement des plages en matière de lutte contre l’érosion du trait de côte. Pourquoi la CCI BPB a t'elle construit son projet seulement dans l'esprit de la 1ère option sachant que la ville d'Anglet est la première victime de l'impact de ces dragages?
-Le souhait de la CCI BPB est de proposer ce sable à la collectivité, à prix coûtant. A ce titre, le Centre Européen de Frêt de Mouguerre (émanation de collectivités territoriales intéressées par le trait de côte ??) qui a des besoins en matériaux de remblai, est actuellement intéressé.
Vendre le sable à prix coûtant est une dévalorisation du sable Angloy et cela reste quand même une opération de vente! Pourquoi ne pas donner au Centre Européen de Frêt les vases qui sont draguées à l’intérieur de l'Adour? C'est exactement ce qui avait été réalisé dans les années 1970 afin de combler la zone marécageuse des Pontôts et donner naissance à la zone commerciale dont fait partie BAB2. Ces vases, qui sont draguées, ne pourraient elles pas avoir une valorisation en matériau de remblai, car après tout, c'est de la terre?
-La préservation de l'environnement est une démarche que nous avons intégrée dans notre fonctionnement depuis de nombreuses années.
Depuis que la CCI de Bayonne a instauré le dragage en 1896, les plages d'Anglet n'ont jamais cessé de reculer anormalement. Peut-on appeler cela de la préservation de l'environnement? On pourrait vraiment parler de préservation de l'environnement si le sable dragué à l'entrée de l'Adour était ramené systématiquement sur les plages d'Anglet.
Anglet début 1900

Anglet début 2012

Ces deux images nous montre le profil des plages rongé par 116 ans de dragage. Mais ou est donc passée la plage ??? Au large, avec la volonté de l'homme et la force d'une drague...
-Concernant les dragages, nous travaillons en collaboration étroite avec les institutions locales comme la ville d'Anglet, l’Agglomération Côte Basque Adour et le Conseil Régional d'Aquitaine.
La ville d'Anglet a fait savoir lors de l'inauguration de l'exposition "Agir contre l'érosion" en Avril 2012 qu
'elle était contre ce projet d'utilisation des sables à des fins non littorales . La CCI BPB était présente, elle le fait d'ailleurs savoir un peu plus haut dans le texte:
"En 2012, la CCI BPB a participé à une exposition et à des conférences organisées par la Ville d’Anglet sur le thème de l’évolution des plages d’Anglet et les dragages."
Pourtant,le projet a été validé fin Juin 2012 et la ville demande toujours aujourd'hui que cet arrêté soit retiré et milite pour une drague à demeure. Peut-on caractériser ces faits comme une "collaboration étroite"?
Si ce n'est pas encore fait, vous pouvez encore signer la pétition contre l'exploitation des sables à des fins non littorales en cliquant ici !
Un grand merci à Nautimages pour nous avoir fourni de belles photos aériennes.
*clapage côtier= largage du sable sur la côte.
L'équipe SOSLA